Epistème du flash back

Posted on October 26, 2014 Under cinema

«Epistème du flash back», Protée, vol. 23, n° 1, 1995, p. 37-44.

RÉSUMÉ

La narratologie cinématographique circonscrit l’analyse du récit au fait de dire qu’un épisode correspond à un flash-back ou à un flashforward dans un film. L’examen du passage d’un récit premier à un récit second permet de faire ressortir la multiplicité des procédés rhétoriques établissant l’attribution d’un segment du récit à un personnage et la nécessité d’amender le vocabulaire narratologique pour rendre compte non seulement des épisodes présents ou futurs mais aussi des rêves, des fantasmes, des récits de fiction, etc. De là, on interroge la fonction du personnage dont le discours ou l’attitude crée l’articulation entre les épisodes, un segment étant passé en face du personnage présent : le personnage tient lieu de pivot qui permet au spectateur de se repérer au sein de la structure du récit. Dans un second temps, on fait ressortir la focalisation inhérente à tout processus d’attribution, le récit enchâssé correspondant aux rêves, fantasmes ou souvenirs d’un personnage. L’effet-sujet qui en découle se traduit par une limite épistémique qui positionne le récit enchâssé comme une version plus ou moins subjective des faits.

Abstract

Cinematographic narratology circumscribes narrative analysis by indicating whether an episode in a film corresponds to a flashblack or to a flash forward. By studying the passage from a first account of an event to a second account, it is possible to call attention both to the multiplicity of rhetorical devices used to attribute a segment of the narrative to a character, and to the need to alter the narratological vocabulary to account for not only present and future episodes, but also for dreams, fantasizing, fictional accounts, etc. Following this analysis, we look at the function of a character whose discourse or attitude can provide the link between episodes because a segment of action has taken place in his presence. This character becomes a pivot, allowing the spectator to keep his bearings within the narrative structure. We then turn our attention to the act of focusing, inherent to any attributional process; the embedded narrative is associated with the dreams, fantasizing or memories of a character. The resulting subject-effect takes the form of an epistemic limit which situates the embedded narrative as a more or less sujective version of the facts.