Le corps, le regard et le miroir

Posted on October 25, 2014 Under cinema

«Le corps, le regard et le miroir», collaboration avec André Gaudreault, Semiotica, 112-1/2, Berlin/New York, Mouton de Gruyter, 1996, p. 93-107. Comité de lecture.

RÉSUMÉ

Quoi de plus paradoxal que cet objet par ailleurs fascinant qu’est le miroir: dont on dit parfois à la blague qu’il ‘réfléchit’ plus, et mieux, que bien des êtres humains OU encore qu’il a l’insigne privilège de ‘réfléchir’ sans penser … Sur un plateau de tournage, cet ‘objet filmique privilégié:’ (Metz 1991: 79) qu’est le miroir possède un statut particulier. Si la littérature l’évoque volontiers, le cinéma le met en scène dans un émouvant mélange de fascination et de crainte. Le miroir représente effectivement un danger véritable dans l’espace de la réalisation: il risque de faire découvrir au spectateur, de façon toute documentaire, une présence inquiétante ‘en face de la fiction’: celle du dispositif de prise de vue. Car dès lors que l’on aperçoit, dans un film, la caméra qui est en train de tourner ce film, ou que l’on découvre dans un reflet l’opérateur ou le cinéaste en train de le tourner ‘réellement’

D’où ce catégorique interdit qui plane sur la mise en scène du miroir: l’autre champ’ que révèle la froide surface sp6culaire ne peut, et ne doit, être qu’un espace contigu de la fiction. D’où aussi un certain nombre de ‘procédés’ de tournage des qu’un miroir doit entrer dans le champ de la caméra, surtout si celui-ci doit servir à refléter à un personnage sa propre image. Ce sont ces procédés (ou du moins une partie d’entre eux), ainsi que leurs présupposés, que nous nous proposons d’analyser ici en interrogeant !es rapports qu’entretiennent au cinéma le corps, le regard et le miroir.

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